Existe-t-il une ou des alternatives au capitalisme ? si oui, lesquelles ?

Page d'accueil

Notre problématique

La recherche d'un monde meilleur ici et maintenant passe-t'il par le remplacement du capitalisme par un autre système ?
Démocratie 2000 consacrera désormais toute son énergie à ce lancinant problème auquel jusqu'à présent le capitalisme a fait un pied de nez bien irrespectueux.

Sylvie cite Morin et Hessel et philippe lui répond sur la croissance

Dans l'ouvrage co-signé entre Stéphane HESSEL et Edgar MORIN intitulé " Le chemin de l'Espérance", je trouve que leur réflexion à certains égards est en droit fil avec nos travaux et mérite d'être évoquée par exemple voici ce que je trouve dans l'ouvrage :" Chez nous , nous devons substituer à l'impératif unilatéral de croissance , un impératif complexe, déterminant ce qui doit croître et mais aussi décroître  (un point de notre propre réflexion à Démo 2000)- Ainsi s'il faut faire croître les énergies vertes, les transports publics, l'économie sociale et solidaire,l'école, la culture, l'aménagement visant à l'humanisation des mégalopoles (à coeur de nos membres de démo) et faire parallèlement décroître l'agriculture industrialisée, les énergies fossiles et nucléaires,les parasitismes des intermédiaires (évoqué par Patrick à notre dernière réunion)l'industrie de guerre, les intoxications consuméristes, l'économie du superflu et de la superficialité, notre mode de vie dilapidateur(encore au coeur de nos préoccupations à démo 2000)...

Nous devons, nous disent nos deux écrivains nous efforcer de donner consistance à l'Europe en lui donnant unité, autonomie et volonté politique.

De même, ils nous disent (en synthèse)que nous devons proposer au monde une politique de l'humanité qui, en tous points du globe, en tenant compte des particularités, des richesses et déficiences culturelles, viserait à opérer la synthèse DU MEILLEUR DE TOUTES LES CIVILISATIONS.

Bref, Beaucoup de ce que nous avons discuté et aimerions voir arriver!

Philippe réagit sur la notion de croissance+


On ne peut que partager ces nobles intentions. Malheureusement cela n'a rien à voir avec la croissance en tant que tel.
Certes la croissance du PIB est un outil partiel et nombreux sont ceux qui se préoccupe d'un outil de mesure qui rende compte du bien être des populations. L'indice de développement humain ou IDH (http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_d%C3%A9veloppement_humain) de l'ONU en fait partie ; l'économiste Amartya Sen a beaucoup travaillé dessus (http://fr.wikipedia.org/wiki/Amartya_Sen). Un Think tank en France se consacre à la construction d'un indicateur reflétant le bien être collectif (La Fabrique Spinoza http://www.fabriquespinoza.org/). Il ya bien un consensus pour dire que le taux de croissance ou le PIB global ou par habitant ne définissent pas le bonheur.
L'importance de la croissance vient de ce qu'elle met de l'huile dans les rouages de la mécanique sociale et économique. Tout changement des positions de chacun (individus et organisations de tout type) met en cause les avantages qui lui sont associés. La croissance de la richesse mesurable permet des évolutions qui sans cela seraient impossibles ; on peut ainsi déplacer des équilibres en limitant la perte des lésés. Une entreprise perd une part de marché tout en conservant son chiffre d'affaire et ne sacrifie pas ses emplois. Un salarié moins productif garde son revenu alors que celui des autres augmente. L'Etat dépenses plus pour certain sans toucher aux autres (et plus encore quand il fait du déficit).
Imaginer une société sans croissance, même faible, c'est anticiper une société totalement bloquée où les uns et les autres se déchirent, qui  pour conserver qui son chiffre d'affaire, qui sa marge, qui son emploi, qui ses fonctionnaires. Ce risque n'est pas virtuel.
C'est un tout autre problème que d'orienter l'activité humaine vers plus de bien être individuel et collectif mixant les aspects autant quantitatifs que qualitatifs. Les ambitions individuels ont le gros avantage de se gérer toutes seules à l'intérieur du cadre réglementaire du lieu et du moment.
Il faut d'abord définir les caractéristiques de ce bien-être individuel et collectif, comme le font Morin et Hessel, alors que chacun en a une idée très personnelle, ensuite les pondérer, alors qu'ils sont en général difficilement mesurables donc non comparables. Pour autant qu'on parvienne à cette tâche, il faut révéler la dynamique du système et les innombrables interactions dont les effets pervers, toujours présents et toujours masqués. Ce travail est à accomplir par la société civile et ses conclusions doivent être reprises par les politiques en charge de faire les choix concrets, tâche quasi inhumaine, demandant courage et abnégation. Aussi ces derniers renoncent le plus souvent, soit partiellement soit totalement, préférant prendre le pouvoir en proposant que " demain on rase gratis ".
Et plus les systèmes d'informations sont développés, plus les citoyens sont en situation d'intervenir dans les processus de réflexion et de décision et moins le système global est paradoxalement appréhendable.
Cela me conduit à penser que l'on doit faire confiance à une régulation quasi naturelle bornée de quelques garde-fous moraux et légaux. Chaque citoyen agissant individuellement ou collectivement va essayer d'infléchir les choses dans le sens qui lui parait le plus désirables et ceux qui ne partageront pas ce point de vue vont résister pour aller dans un autre sens. Dans ce contexte le rôle essentiel de l''Etat, représentant le corps social est d'empêcher que se constitue des monopoles de quelque nature que ce soit (idéologique, économique, politique, etc.). Ces monopoles qui ne sont pas nécessairement " les grands monopoles " se déclinent en position économique dominante, avantages indus, passe-droits divers, fraudes impunis. Ils peuvent concerner aussi bien les Etats, les grandes ou les petites entreprises publiques, associatives et privées, les salariés bien ou mal payés, les bénéficiaires d'aides sociales indues, les élus qui cumulent, les fraudeurs, les syndicats corporatistes, les consommateurs qui se détruisent la santé au frais de la collectivité, les enfants qui rachètent leurs camarades, les chauffards, les conjoints violent, etc. : la justice n'a pas de frontière.
Bref l'objectif général me parait être avant tout une société plus libre et plus juste qui protège les faibles.

Guillaume nous incite à lire Rosanvallon et à écouter Rocard

En complément des réflexions de Sylvie, je vous signale le dernier ouvrage de Pierre ROSANVALLON à la République des Idées : "Refaire société". Pas encore lu mais beaucoup entendu parlé. Je me permettrai de mettre les références sur le site de Démo.
Pour information aussi, ce lien vers une interview de Michel Rocard à la matinale d'inter le 4 novembre dernier. Au-delà de tout partisanisme politique, plutôt pour la nature de sa pensée politique, au sens noble du terme, et qui nous ramène à nos discussions sur le sens du politique justement, son rôle, sa place.


http://www.franceinter.fr/emission-le-79-michel-rocard

Contribution de Sylvie Queval sur la question des besoins

Sylvie Queval propose un texte qui réponds à la question suivante : "dans le système capitaliste, quels sont les besoins indispensables à satisfaire pour maintenir le pacte social".

Il donne lieu à un débat approfondi sur la notion des besoins à un moment donné de l'histoire auquel le système et la société civile se doivent de répondre et que la puissance publique doit chercher à obtenir quand le système économique est défaillant. Cela signifie évidement que le projet de société collectivement accepté soit à peu près défini. Cela renvoie à la responsabilité des diverses composantes de la société dans l'expression de ce projet et de la notion corrélative d'intérêt général.

"Dans le cadre du sujet à traiter concernant la possibilité d'une alternative au capitalisme, nos séances de travail ont fait apparaître la nécessité de réfléchir aux BESOINS primordiaux, vitaux et fondamentaux dont l'Etre humain a besoin ainsi qu'aux MOYENS à mettre en œuvre pour lui permettre de les assouvir.

Ces besoins humains élémentaires et  indispensables nous sont connus d'une part puisqu'inscrits dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme comme Principes à faire respecter par tous les Etats du monde et pour toute personne humaine et d'autre part puisque  portés à notre connaissance par l'initiateur de la psychologie humaniste Abraham Maslow.

Quels sont donc ces besoins hiérarchisés en 3 catégories et 5 niveaux de besoins par A.Maslow ? Les besoins primaires, secondaires et tertiaires.
  •                 Les besoins Primaires d'ordre Physiologique : comme : respirer, boire,manger, faire ses besoins, dormir et se réchauffer sont nécessaires au maintien d'un état de santé physique et à la survie de la personne.
  •                 Les besoins de Sécurité : dont font partie le logement, la sécurité des revenus et
Ressources, la sécurité physique contre la violence et les difficultés de santé sont indispensables pour s'assurer un lendemain physiquement et moralement et se prémunir des différents dangers qui menacent.

Les besoins : d'appartenance, d'estime de soi et d'épanouissement personnel sont des besoins de civilisation, pas indispensables à la survie de l'homme mais qui bien sûr améliorent son confort et ses conditions de vie. Nous retrouvons là le besoin de se déplacer, s'instruire, se distraire, voyager, s'intégrer socialement, avoir des projets et des opinions et pouvoir les exprimer, accomplir une œuvre, un engagement…

Que nous enseigne A.Maslow au travers de cette classification ? Il nous enseigne : " Que l'individu ne peut prétendre à satisfaire un niveau de besoin que lorsque le ou les précédents niveaux de besoins sont déjà pourvus ? "

Dont acte,  revenons au plus petit dénominateur commun que sont les besoins physiologiques et de sécurité indispensables à l'homme et à sa dignité.

Ces besoins fondamentaux ne seront pas résolus en augmentant indéfiniment la production afin que ceux qui le peuvent, les plus riches, consomment toujours plus et mieux au détriment des autres , les plus pauvres, avec des écarts toujours plus grands et une pauvreté et exclusion de certaines populations grandissantes.

En revanche,  lorsque les revenus du travail et  d'activité ou leurs substituts ou encore lorsque les solidarités familiales ne peuvent plus permettre d'organiser le respect de la dignité des personnes, la puissance publique doit prendre le relais pour assurer les besoins vitaux de ses ressortissants et de ceux qui résident chez lui.

Si la puissance publique n'a pas vocation à seulement donner une allocation aux personnes sans revenus pour couvrir leurs besoins fondamentaux, il a aussi le devoir de mettre en œuvre les moyens nécessaires permettant à chacun de subvenir lui-même à ses besoins primaires d'une manière durable.

La puissance publique  doit penser à une égalité et équité de traitement de chaque personne au premier jour de sa vie en lui octroyant un  Revenu Minimum  lui permettant d'assurer  ses besoins  essentiels physiologiques et de sécurité  en priorité un  toit (sans abri régulier, l'être humain échappe à tout ce qui pourra faire de lui un être social) ou envisager un tout autre mécanisme lui apportant la même de dignité.

A cette exigence éthique que doit avoir la puissance publique  s'ajoute celle de continuer à  se concentrer sur la construction d'infrastructures de base comme : les routes, les écoles, les hôpitaux et dispensaires, les crèches, les maisons de retraites, les bibliothèques, les lieux de cultures, de sports et divertissements, les services publics… pour permettre à l'individu d'accéder à ses besoins secondaires et tertiaires comme indiqué en début d'exposé.

Nous n'oublions pas non plus qu'il y a un immense chantier à ouvrir afin de modifier  nos habitudes et  nos comportements vis-à-vis de la consommation et de travailler à la réduction de nos égoïsmes  pour renoncer au superflu au profit du nécessaire pour tant d'autres.

Pour ce faire, il conviendra par l'intermédiaire d'une réforme fiscale de répartir les moyens dans ce sens."



Mon capitalisme pour le XXIe siècle en Occident par Philippe Fleury

Mon capitalisme à moi et les défis du XXIe siècle en Occident
Le capitalisme s'est révélé à l'échelle planétaire et dans la durée le système économique le plus satisfaisant, ce qui ne signifie pas que sa manifestation concrète soit en tous points et en tous lieux toujours satisfaisante, loin s'en faut.
Je chercherai, après avoir rappelé sa supériorité, à définir les contours d'un capitalisme satisfaisant et les réformes nécessaires pour le faire évoluer dans ce sens.
La figure centrale du capitalisme, c'est l'entrepreneur. Cet individu est capable en tout lieu et en tout temps de mobiliser temps, argent et énergie (la sienne et celle de ses salariés) pour développer une activité répondant à un besoin socialement ressentie, c'est-à-dire que des consommateurs sont prêts à acheter.
Cette fonction, le prince, le haut fonctionnaire, le parti, le dictateur, le bénévole ne peuvent la remplir, en tous cas pas de façon systématique. Tous les cas, où ces entités ont le monopole de l'initiative économique, ont échoué à créer des richesses et à satisfaire les besoins des populations.
Bien entendu l'entrepreneur est guidé par son intérêt individuel et ne cherche pas expressément à satisfaire l'intérêt général. D'un côté il arrive souvent qu'il se conduise mal avec ses partenaires (salariés, clients, fournisseurs, environnement, collectivité) et de l'autre il satisfait souvent et légalement des besoins sociaux que la morale sociale-démocrate réprouve. C'est là que la collectivité organisée intervient.
Le capitalisme le plus évolué se trouve dans les pays démocratiques dont les règles de fonctionnement sont définies par la loi (ce qui n'élimine pas ipso facto, ceux qui la détournent) et mise en œuvre par la puissance publique (l'Etat sous toutes ses formes). Cela démontre que le bon fonctionnement de ce système économique dépend largement de la qualité de l'Etat qui le régule.
Avant de parler d'ultralibéralisme, pensons aux dizaines de milliers de pages des différents codes qui l'encadre, aux centaines d'institutions qui le surveille et aux transferts financiers gigantesques qui transitent par l'Etat et les systèmes sociaux, toutes choses réduites à la portions congrue dans les autres régimes économiques dominés par la corruption et le fait du puissant.
Mais cette œuvre d'ajustement entre les forces de l'économie privée et les besoins sociaux est non seulement permanente mais aujourd'hui perturbée par la mondialisation, c'est-à-dire par l'extension du capitalisme efficace à la quasi-totalité de la planète.
Depuis le début du capitalisme occidental au XVIIIe siècle, l'Occident a vécu dans une situation de domination et a largement exploité le reste du monde ; après la seconde guerre mondiale le monde dominé s'est émancipé progressivement  de la tutelle occidentale et de ses dictateurs permettant à des entrepreneurs locaux et internationaux d'amorcer le développement économique de ces pays. Mais ceux-ci sont très loin d'avoir une superstructure pour employer un terme marxiste aussi évoluée que le notre et permettent le développement d'un capitalisme très souvent brutal, mais dont les produits viennent concurrencer les nôtres. Ce faisant il bouleverse nos équilibres sociaux.
Dans les pays de l'OCDE un travailleur coutant 100 (charges sociales et fiscale incluses) fait le même travail qu'un travailleur coutant 20 (charges sociales et fiscale incluses) hors de l'OCDE, parce que les équilibres sociaux sont totalement différents. Mais ses produits arrivent sur les marchés de l'OCDE et rompe un équilibre construit au cours de dizaines d'années passées en combat démocratique et luttes sociales. C'est alors la crise, la vraie, c'est-à-dire le chômage pour tous les travailleurs qui ont des concurrents dans les pays accédant au capitalisme.
Cette crise se résoudra lorsque les pays hors OCDE ayant réalisé leur mutation vers des régimes démocratiques évolués auront des standards de rémunération et de services pubics comparables aux nôtres entre 2030 et 2100 !
D'ici là il reste beaucoup à faire dans les pays développés.
La première des urgences est de conserver notre avance en termes de productivité au sens large qui seule justifie les standards de vie actuelle ; cela signifie que nous (les productifs de tous type) devons rester capables de faire des choses que les autres ne peuvent faire aussi bien, justifiant ainsi notre niveau de vie. Quand un travailleur occidental fait 3 fois plus vite la même chose qu'un travailleur hors OCDE, il justifie un cout global 3 fois plus élevés. S'il fait quelque chose où il n'a pas de concurrent il peut avoir le cout global maximum accepté par le marché. Cela s'obtient par la qualité de la formation données aux salariés, leur bonne santé, leur gout au travail et à l'effort, par l'efficacité de la R&D public et privée et grâce au dynamisme des entrepreneurs encouragés par la collectivité (moralement et éventuellement financièrement).
La seconde des urgences est de maintenir le pacte social, c'est-à-dire la croyance dans le fait que notre pays ne nous abandonnera pas. La société doit être en mesure d'assurer un minimum décent à tous ceux qui sont et seront inexorablement déclassés dans la compétition mondiale. Cela implique et impliquera des transferts sociaux massifs qui ne devront en aucune manière mettre en cause la compétitivité de notre pays, ou plus largement des pays occidentaux.
Cette équation est dramatique à résoudre. Si les prélèvements fiscaux et sociaux massifs réclamés par la solidarité nationale entre les inclus et les exclus et entre les générations, découragent les entrepreneurs et les productifs en général, l'échec sera général. Les plus démunis subiront la loi du marché mondiale et l'économie occidentale sera balayée par les forces du marché mondial, aussi longtemps que l'équilibre général ne sera pas rétablis par l'équilibre des productivités relatives.
On comprend aisément que la marge est étroite ; la crise financière actuelle montre que le choix fait de financer cet ajustement par l'emprunt (les salariés s'endettent pour maintenir leur pouvoir d'achat et L'Etat finance les déficits de la même manière pour maintenir les transferts sociaux et les services publics) est voué à l'échec car les exigences des préteurs ne feront qu'aggraver le problème.
L'idée de se replier sur nos frontières est totalement illusoire tant les économies sont devenues interdépendantes pour le plus grand profit de tous. La fermeture des frontières et c'est la ruine assurée.
La voie de l'économie publique, qui serait rationnelle donc efficace parce qu'elle serait guidée par le sens de l'intérêt généal. et non par le profit a montré partout que ce postulat était une pure illusion et ne produisait qu'une bureaucratie ruineuse.
Il ne reste plus qu'à " faire la chasse au gaspi ", c'est-à-dire à éliminer toutes les sources de sous productivité dans l'économie et dans la société, à chasser toutes les pratiques qui brident le jaillissement de la créativité humaine, c'est-à-dire toutes les formes de rente, de revenus indus ou de dépenses inutiles.
On citera pèle mêle :
Les analyses, les médicaments ou les visites médicale inutiles.
Les profs absents et les enfants qui ne savent pas lire et écrire en arrivant au collège.
L'absence d'orientation scolaire sérieuse à tous les niveaux.
Les emplois privés et publics quasi fictifs et les rentes de situation.
Les profits et les bonus générés par l'activité purement spéculative.
Les salaires et autres avantages sans rapport avec les résultats effectifs à tous les niveaux de la hiérarchie.
Les politiques publiques non évaluées.
Les niches fiscales non justifiées par de l'emploi,  de la recherche ou de l'investissement.
La communication somptuaire satisfaisant l'ego de ses commanditaires.
Les marchés publics mal conçus, mal sélectionnés et mal suivis.
Les indemnisations non justifiées par un réel handicap (santé, professionnel).
L'exclusion des seniors du marché du travail par le laxisme des responsables privés, syndicaux et publics.
Les activités économique maintenues sous perfusion sans espoir de succès.
Les créations d'entreprises sans viabilité aucune.
La fraude fiscale et sociale.
La non formation tout au long de la vie de la majorité des salariés.
Les immigrés non intégrés à cause des carences de la société d'accueil ou pour cause de situation illégale.
Les situations de rente des entreprises en situation de monopole ou d'oligopole.
Les restrictions professionnelles dans l'union européenne.
Les services publics appropriés par les salariés des dits services.
L'insuffisance de la coopération internationale avec les pays hors OCDE pour leur faciliter l'accès à un capitalisme mature.
Le cumul des mandats et le millefeuille administratif.
Les ratés de l'intégration européenne.
Etc.

Note méthodologique par Philippe Fleury



L'AG a choisi comme thème de réflexion pour l'année 2010-2011 la question suivante : « Existe-t-il une alternative au capitalisme ».

Cette question est différente de celle des aménagements au capitalisme et elle lui est préalable.

Si vous pensez qu'une alternative est possible, il importe d'en énoncer et d'en définir les contours et les structures. A partir de là nous pourrons avoir un vrai débat critique afin de savoir si ces propositions sont réalistes, apporte des vrais réponses aux questions économiques, sociales et politiques, et quel est le chemin pour y parvenir ?

Si au terme du débat, le groupe pense que la réponse est négative, nous pourrons passer à la suivante : quels aménagements et réformes pour le système de référence accepté par tous, à défaut d'avoir mieux tout comme la démocratie.

 

Les français  plus anticapitalistes que le reste de la planète



En France 40% de l'opinion pense qu'on doit abandonner le système capitaliste contre moins de 10% en Allemagne. Une réponse claire est donc une question politique essentielle.

Voir étude d'opinion  http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2881

Contributions pour l'économie sociale

Pour ceux qui croient à l'ESS comme alternative, un dossier substantiel publié par le Labo de l'économie sociale et solidaire.
Disponible sur le web http://www.lelabo-ess.org/propositions/50-propositions-pour-changer-de-cap/

Sommaire

1 AVANT-PROPOS : POURQUOI CE TEXTE ET CETTE DEMARCHE ? ................................. 4
2 SYNTHESE ............................................................................................................................... 9
3 L'ESS, POUR UN AUTRE MODE DE DEVELOPPEMENT .................................................... 23
3.1 Une conjonction de crises profondes, des déséquilibres structurels .................................23
3.2 Sortir de la crise par le haut .....................................................................................................24
3.3 L'ESS, un levier pour sortir de la crise par le haut ................................................................27
3.3.1 Une réalité plurielle, des fondamentaux communs ................................................................................ 27
3.3.2 Une force économique et sociale .......................................................................................................... 31
3.3.3 Un laboratoire qui ouvre le champ des possibles .................................................................................. 35
Investir sur l'intérêt général pour créer des activités utiles et des emplois de qualité .......................................... 35
Mettre des limites au marché, à l'accumulation et réduire les inégalités : Sortir de la démesure ............................. 38
Pour un développement durable qui intègre véritablement les enjeux sociaux ..................................................... 40
Redonner du pouvoir économique aux citoyens : pour une démocratie économique ............................................. 42
Faire du territoire le coeur de l'économie réelle ....................................................................................... 44
3.4 L'ESS : défis et perspectives pour une économie plurielle ..................................................48
3.4.1 Des défis internes à surmonter ............................................................................................................. 48
3.4.2 Des défis externes à surmonter ............................................................................................................ 61
3.4.3 L'ESS face à la crise : du risque de banalisation à une opportunité historique de transformation ........ 63
4 50 PROPOSITIONS POUR CHANGER DE CAP.................................................................... 66
4.1 Pour un New Deal sur les politiques d'intérêt général : un Etat partenaire pour une action
publique renouvelée ...............................................................................................................................67
Réorienter le plan de relance à partir des projets durables et des besoins des territoires ..................................... 68
Engager la signature d'une charte des engagements réciproques entre l'Etat et l'ESS face à la crise. ................... 68
Réinvestir et développer les conventions Etat – Régions (ou collectivités territoriales), en y intégrant un volet
significatif ESS. ................................................................................................................................... 68
Intégrer l'ESS dans un dialogue social renouvelé qui tienne compte de ses spécificités ......................................... 68
Faciliter la mise en oeuvre d'un encadrement social et environnemental du marché : systématiser les clauses
sociales et environnementales dans les marchés publics ................................................................ 69
Préciser les conditions de prestation hors marché ................................................................................ 70
Donner une base légale à la notion de convention de partenariat d'intérêt général .......................................... 71
4.2 Pour un Etat investisseur social .............................................................................................72
Utiliser l'emprunt pour développer l'investissement social .......................................................................... 73
Investir, professionnaliser et sécuriser les métiers d'avenir et les activités d'intérêt général ................................. 73
Services à la personne : conditionner les aides publiques à l'amélioration de la qualité de l'emploi. ....................... 73
Première version de la publication Initiative pilotée par Claude Alphandéry
Document de débat - nov. / déc. 2009 2/147
4.3 Créer des emplois de qualité sans attendre le retour de la croissance ..............................75
Préserver et maintenir les emplois de l'ESS face à la crise. ...................................................................... 76
Investir dans les capacités humaines pour répondre au besoin de main-d'oeuvre de demain .................................. 76
Conditionner la participation aux politiques d'emplois aidés à une politique de consolidation et développement
d'activité d'intérêt général ..................................................................................................................... 77
Contribuer à la conversion écologique des emplois ........................................................................................ 77
Faciliter la relocalisation de certaines activités économiques ............................................................................. 77
4.4 Développer les coopérations sur les territoires entre acteurs d'une économie plurielle et solidaire .79
Expérimenter et labelliser des pôles de coopération territoriaux ............................................................. 80
Définir et mettre en place un dialogue économique et social territorial multipartites prenantes ........................... 81
Expérimenter la délivrance de nouveaux services d'intérêt général locaux, par l'investissement des collectivités
dans des entreprises de l'ESS (notamment Scic). ... 82
Capitaliser et élargir les politiques territoriales et les dispositifs locaux de soutien à l'ESS ...................................... 83
Développer des fonds territorialisés d'innovation sociale mixant financements publics et privés. ............................ 84
Développer une commande publique locale responsable et conditionner les aides publiques aux entreprises ....... 84
D'une politique de promotion et de connaissance de l'ESS à une politique d'évaluation et de capitalisation ........... 85
4.5 Ouvrir la gouvernance des entreprises aux autres parties prenantes ................................87
Renforcer la participation des salariés et de leurs représentants dans la gouvernance des entreprises. ................. 88
Parvenir à une juste représentation des femmes dans les Conseils d'Administration .............................................. 89
Organiser une gouvernance multi-parties prenantes au sein des entreprises. ....................................................... 90
Encadrer l'échelle des rémunérations dans l'entreprise ........................................................................... 91
4.6 Evaluer les impacts sociaux et environnementaux des entreprises et favoriser les bonnes pratiques..................92
Pour un référentiel public européen, co-construit avec les parties prenantes, des indicateurs économiques, sociaux
et écologiques de l'entreprise. ................................. 92
Elaboration par les entreprises d'un rapport de développement durable public, pour rendre compte de leurs
performances économiques, sociales et écologiques et de leur gouvernance. .......... 93
Moduler l'octroi des aides publiques aux entreprises à des critères sociaux et écologiques .................................... 95
4.7 Développer une finance solidaire et responsable ..................................................................97
Développer de nouveaux fonds de garantie sur des territoires ou filières d'activité ............................. 98
Améliorer l'accès aux financements européens par de la formation et des facilités de trésorerie ............................ 99
Drainer une part minime de l'assurance-vie sur la finance solidaire. ...................................................................... 101
Orienter sur la finance solidaire une part (1 à 10 %) des fonds d'investissement « souverains » ou de long terme.. 101
Créer un mécanisme « 1% économie sociale et solidaire » ........................ 102
Attirer davantage les investisseurs de droit commun via la mise en place d'un label « entreprise sociale et
solidaire » et/ou d'un référentiel de reporting social. ............................... 103
Mettre en place un CRA (Community Reinvestment Act) à la française. ......................... 105
Reconnaître et diffuser une autre approche du risque financier et bancaire. ......................................108.
4.8 Faire émerger une nouvelle génération d'entrepreneurs sociaux et solidaires .............. 107
Construire un « référentiel métier » de l'entrepreneur social et solidaire .......................... 107
Développer des actions de sensibilisation à l'entrepreneuriat social et solidaire .................. 108
Démultiplier les formations à l'entrepreneuriat social et solidaire ............................. 110
Première version de la publication Initiative pilotée par Claude Alphandéry
Document de débat - nov. / déc. 2009 3/147
Développer des dispositifs permettant de faire mieux rencontrer projets et entrepreneurs solidaires .................... 111
4.9 Développer l'innovation sociale ........................................... 113
Créer une avance remboursable Oséo Innovation sur de l'innovation sociale. .................... 115
Adapter et promouvoir le Crédit d'Impôt Recherche sur les activités de R&D sociale. ................... 116
Ouvrir les structures publiques d'accueil et d'accompagnement des entreprises innovantes à au moins 10 %
d'entreprises ESS innovantes. ...........................................116
Créer et soutenir des dynamiques territoriales de développement de l'innovation sociale ........................... 118
Créer un fonds public / privé d'innovation sociale pour financer la R&D de l'ESS ......................... 119
4.10 Développer et démocratiser la consommation responsable ............................................. 120
Pour un étiquetage social et environnemental des produits de consommation. ............. 121
Développer les circuits courts solidaires ............................................................ 122
Mettre en place des dispositifs de soutien à la consommation responsable des ménages modestes. ................... 125
Généraliser dans l'ensemble du système éducatif la présence de modules sur la consommation responsable et ses
enjeux. ... 126
Développer une mission « consommation responsable » au sein de l'INC (Institut National de la Consommation)
orientée notamment sur les enjeux éducatifs. ...................... 127
Mettre en place un plan de développement des filières d'activités de consommation responsable, au niveau
national et territorial. .......... 128
Mettre en place un plan d'appui à l'installation et l'exploitation des agriculteurs bio (aides financières et techniques,
sensibilisation, formation…) à la hauteur des objectifs du Grenelle. ..................... 128
Lever l'insécurité juridique de certaines formes de consommation responsable .......... 130
Développer à grande échelle la monnaie solidaire SOL ................. 132
4.11 Favoriser la vigilance et la participation citoyennes dans le débat économique et social            134
Créer un Forum citoyen pour une autre relance, socialement juste et écologiquement sobre .............. 134
Capitaliser les expériences de démocratie économique au niveau local ................. 134
Favoriser les lieux d'éducation populaire et de savoirs citoyens : université populaires, recherche en partenariat,
sites de partage. .................................................. 135
Rendre plus efficace les dépenses publiques par la participation citoyenne. ............................... 136
4.12 Mettre en place de nouveaux indicateurs de richesse au niveau territorial, national et européen..... 137
Adopter de nouveaux indicateurs de richesse et de progrès social .......... 137
Associer les citoyens et la société civile aux choix des indicateurs ........ 139
Mutualiser les expériences et bonnes pratiques d'indicateurs territorialisés de richesse et sociaux impliquant les
acteurs de l'ESS ... 139
5 CONCLUSION : FAIRE MOUVEMENT ........................................................... 141
6 REFERENCES ....................................... 142

Le point de vue de James Mauvillain pour plus d'égalité

Contribution James Mauvillain

Il faut être pragmatique !...

Nous sommes partie intégrante du Monde, liés à se qui se passe sur la Planète, sur notre Terre, que ce soit pour la vie économique, pour l'environnement, pour l'évolution…

Il serait intéressant d'avoir un état des régimes des différents Pays du Monde. Combien répondent à une gestion capitaliste, la plupart sans doute.

Même la Russie a abandonné le communisme… et ce communisme là n'avait-il pas également suscité des dérives de profits…

Pouvons-nous vivre différemment que ce que vivent la plupart des Pays ?
Pouvons-nous êtres différents dans l'Europe ?
Pouvons-nous revenir en arrière, expliquer aux Français qu'ils devront sans doute changer leurs habitudes ?

Si nous voulons rester en communication avec les autres et tout de même réformer un régime d'inégalités trop criantes, insupportables 1, il faudrait sans doute faire un changement profond de nos habitudes… une révolution en quelque sorte… ou alors, il faudra aller par étapes… mais avec une certaine fermeté.

Il faudra du temps, il faudra des évidences… et surtout expliquer… en s'assurant d'avoir été bien compris.

Expliquer la situation, expliquer les solutions pour l'améliorer, dans le sens d'une meilleure égalité… sans doute faudra-t-il un peu "rogner" sur des libertés… prendre des décisions un peu autoritaires (en les expliquant… toujours expliquer), mettre au premier plan la valeur Travail, comme moyen d'échange (un peu comme dans les S.E.L… et pourquoi pas multiplier les S.E.L. au niveau local, au sens plus large que la commune ou le canton). Au niveau d'une Nation, ceci demanderait une grande organisation et n'est sans doute pas viable à cette échelle, je le cite surtout comme exemple de la valeur Travail 2, complètement occultée et dévalorisée dans la gestion capitalisme
(attention, ma référence au Travail n'a rien à voir avec la notion d'Emploi, cela est une autre affaire, d'ailleurs mise à mal par le capitalisme mondial).

1 - Les affaires Bettencourt, les sommes qui sont évoquées, les imbrications avec des hommes politiques, avec le pouvoir… dans le même temps, parler à nouveau des milliards de la Société Générale, donc de l'inconscience du système bancaire qui joue avec nos dépôts… Tout cela est insupportable pour la majorité des Français 3…
Parallèlement il faudra mettre de l'ordre dans les "inactifs" professionnels. Toujours dans la même approche : Travail égale salaire : Argent donné pour survivre égale Travail, ou plutôt, participation active à la vie commune… on dit "il n'y a pas de travail"… si, il y a toujours un travail d'utilité collective.
A ce sujet, je regrette que le service militaire ait été supprimé, j'aurais préféré qu'il soit transformé en Service Civique (pour tous et toutes - toujours dans un esprit d'Egalité) pour apprendre à écouter, pour combler quelques lacunes d'éducation, pour apprendre à affronter les choses les plus courantes de la vie.

2 - Dans le système des S.E.L. il y a également une hiérarchie de valeurs : la monnaie d'échange est l'heure de Travail, mais il y a gestion de ces heures à un niveau centralisateur (l'association) et, par exemple, 1 heure de jardinier n'équivaut pas à 1h de mécanicien auto, elle-même n'ayant pas la même valeur qu'1h d'informaticien… (je dis au hasard…)
Si ce système a pu exister à certaines époques, la monnaie - sous des formes diverses - est venue simplifier cette équivalence du Travail. Puis cette monnaie à été garantie par l'or… et la gestion de cette monnaie est devenue le capitalisme, avec maintenant sa dérive, sa figure monstrueuse, engendrant des inégalités qui amènent forcément la révolte… trop c'est trop !...

3 - Personnellement, je suis choqué dès que l'on évoque des millions pour une transaction… ex : transferts de joueurs, vente de tableaux ou objets d'art… j'espère seulement qu'un peu d'argent rentre dans les Caisses de l'Etat lors de ces transactions !...
A moins qu'un certain nombre se passent sur des comptes hors de nos frontières !...

Bon, il y en a des choses à changer pour ramener un peu plus d'égalité, d'équité, autour de nous.

James propose également 2 textes à notre réflexion :

Notre société ressemble de plus en plus à l'ancien régime

De la démocratie aux droits de l'homme en passant par le totalitarisme


Un beau projet de révolution anticapitaliste

Alternative au capitalisme : Demain on rase gratis
Que voilà un beau programme qui ne peut que plaire à tous. Enfin un vrai projet.

Disparition du chômage : Interdiction de licencier et CDI obligatoire pour tous
Relance de la consommation et justice social : Le Smic +15% (au dessus de l'inflation) et idem pour tous les autres salaires en dehors des cadres supérieurs.
Place au jeunes : Droit à la retraite pour tous à 55 ans, à taux plein à 60, sauf pour les intoxiqués du boulot, financement assuré par la taxation des riches.
Jeunesse : un emploi garanti à la sortie de l'école correspondant aux qualifications et spécialisation.
Droit à la santé : tous les soins gratuits (sauf les cures d'amaigrissement et les liposuccions), financement assuré en taxant les riches.
Fiscalité juste : ISF majoré, bouclier supprimé, tranche à 70%, revenus du capital taxé comme les revenus salariaux, droit de successions à 80% au-delà de 150 000 € par héritier.
Aménagement du territoire : délocalisation interdite sans remplacement des emplois supprimés pour les mêmes salariés.
Flexisécurité : Indemnités chômages portés à 80% du net sans limitation de durée et sans obligation sauf celle de chercher et sauf pour un emploi strictement équivalent.
Immigration : régularisation de tous les sans papier, sans condition.
Logement : réquisition de tous les logements occupés moins de 6 mois par an.
Commerce extérieur : taxation des produits importés pour favoriser les produits français et l'emploi.
Sécurité : la police de proximité organise les TIG dans les quartiers, avec une obligation d'humanité. Les délinquants en col blanc et les corrompus sont incarcérés sans délai.
Propriété du capital : les capitalistes mécontents sont bannis en Suisse sans indemnité.
Mode de gestion : autogestion. Les conseils salariés, lycéens, étudiants, artisans et paysans coopérateurs valident quotidiennement les décisions des dirigeants élus et assurent le contrôle de gestion. Le critère de rentabilité est remplacé par l'indice de bonheur des travailleurs concernés.

Exercice :
1.                Essayer d'identifier dans l'histoire des processus comparables
2.                Imaginer la situation au bout d'un an ?

Philippe Fleury

Les fondements du capitalisme par Philippe Fleury

Il peut être utile de rappeler quelques éléments de base avant d'entreprendre le remplacement du capitalisme.
Le capitalisme est, suivant la grande majorité des auteurs, un système de production des biens et services fondé sur la propriété des moyens de production et d'échange et sur le travail salarié. La figure emblématique du capitalisme est l'entrepreneur. Le lieu d'excellence de son exercice est le marché.
A partir de là, l'histoire des sociétés propose une infinité de modalités du capitalisme avec des modes d'organisation politiques, sociologiques différents, avec un rôle de l'Etat allant du très présent au très absent.
Au sein de ce système ont toujours existé des formes économiques différentes (économie familiale, tribale, collectiviste, coopérative, associative, criminelles, religieuses, etc.) fondés sur des principes différents ; mais soit celles-ci sont restées marginales, soit elles ont purement et simplement disparus.
Si l'on considère le monde tel qu'il est dans les 50 dernières années, il est indiscutable que ce système est celui qui a permis la meilleure élévation du niveau de vie des populations dans leur ensemble et permis le plus de libertés.
Evidement ce système est loin d'être parfait en tout instant et en tout lieu, d'abord parce qu'il ne prend en compte qu'une partie de la société et en particulier le système politique lui échappe pour l'essentiel, ensuite parce que les hommes, à commencer par les entrepreneurs, ne sont pas des anges et que la défense de l'intérêt privé par tout un chacun reste dominant… et a toutes les chances de le rester.
A partir de ces considérations de fond, on peut soit se lancer dans une plainte sur les malheurs du monde et une utopie ou une chimère et essayer de bâtir un système totalement nouveau, qui devra être capable de répondre à toutes les questions que se posent tous les hommes de toutes les sociétés, soit essayer d'améliorer ce système, sans remettre en compte ses fondements, par une régulation politique intelligente, ferme et courageuse.

Michel Lemaire égratigne Pascal Lamy 

Pascal Lamy s'interroge sur le capitalisme
LEMONDE.FR avec AFP | 05.11.10 | 10h17  o  Mis à jour le 05.11.10 | 11h48

Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se pose des questions. En marge de la cérémonie de remise des insignes d'un doctorat honoris causa qui lui a été décerné par l'université de Montréal, il a indiqué, jeudi, à Montréal qu'il "s'interrogeait sur les racines culturelles et anthropologiques du capitalisme de marché qui est intrinsèquement injuste".
"Depuis quelques années, je m'interroge sur les racines culturelles et anthropologiques du capitalisme de marché qui est intrinsèquement injuste et stresse toujours plus les ressources humaines et naturelles", a dit M. Lamy, selon un communiqué de l'université.
"Il faut tirer des leçons de la crise et analyser en profondeur ce capitalisme pour trouver des alternatives. Pour cela, il faut que des sciences comme l'anthropologie, l'ethnologie et la sociologie y contribuent aussi et pas seulement l'économie ou le droit", a ajouté le patron de l'OMC.
L'université de Montréal a voulu le récompenser pour "sa contribution exceptionnelle aux débats portant sur les enjeux mondiaux économiques et politiques de l'heure et pour souligner sa participation à la fondation de l'Union européenne au moment où la question de l'union sociale se posait en réaction à l'unification de l'espace économique".
M. Lamy a donné à cette occasion une conférence sur la globalisation, affirmant qu'elle n'était pas nécessairement irréconciliable avec la protection de l'identité de chacun. Il a estimé en substance qu'une globalisation respectueuse de tous contribuait à la diffusion de valeurs universelles, telles que les droits humains.

Commentaire de Michel Lemaire : Des propos pareils venant d'un social-capitaliste qui passe son temps à faire appliquer les décisions anti-sociales de l'OMC, je trouve cela très amusant ! Molière en rit encore.

Gérard nous invite à un colloque à Paris des "économistes attérés" et à lire J. Généreux

Crise: les économistes "atterrés" se rassemblent le 9 octobre
"                Les économistes français sont de plus en plus nombreux à se dire "atterrés": plus de trois ans après l'éclatement de la bulle des subprime, les politiques à l'origine de la crise sont toujours à l'œuvre. Un manifeste d'économistes atterrés, lancé le 1er septembre par quatre économistes de haut vol, a d'ores et déjà recueilli plus de 600 signatures, des universitaires pour la très grande majorité, dont Mediapart publie la liste en exclusivité.
C'est tout un pan de la discipline économique qui s'élève ainsi contre les politiques d'austérité aujourd'hui menées en Europe, mais aussi contre l'insuffisance des mesures prises au G-20 et à Bruxelles pour en finir avec "une forme de dictature des marchés".
A l'origine du manifeste, Philippe Askenazy, de l'Ecole d'économie de Paris, Thomas Coutrot, co-président de l'association Attac, André Orléan, directeur de recherche au CNRS, et Henri Sterdyniak, de l'OFCE, ont vite été rejoints par d'autres pointures du milieu académique, pour dénoncer ensemble le "logiciel néolibéral" toujours en vigueur dans l'Union.
Parmi les signataires figurent des tenants de la théorie de la régulation (Robert Boyer, Bruno Amable), des penseurs du "bien-être" (Jean Gadrey, Alain Caillé, Marc Fleurbaye ou encore la sociologue Dominique Méda) et des spécialistes des relations Nord-Sud (Denis Cogneau, Pierre Salama). Mais aussi Frédéric Lordon (CNRS), Jacques Sapir (EHESS), Xavier Timbeau et Eric Heyer (OFCE), Michel Husson (INRES), Laurent Cordonnier (Lille-1), Gabriel Colletis (Toulouse 1) ou encore Michel Devoluy (Strasbourg).
"Le logiciel néolibéral est toujours le seul reconnu comme légitime, malgré ses échecs patents", lit-on dans le manifeste. "Fondé sur l'hypothèse d'efficience des marchés financiers, il prône de réduire les dépenses publiques, de privatiser les services publics, de flexibiliser le marché du travail (...) En tant qu'économistes, nous sommes atterrés de voir que ces politiques sont toujours à l'ordre du jour."

        Un colloque à Paris
Pour ces hétérodoxes, l'austérité mise en place en Europe, en réaction à la crise grecque, menace jusqu'à l'avenir de l'Union européenne. "L'économie y est censée être au service de la construction d'un continent démocratique, pacifié et uni. Au lieu de cela, une forme de dictature des marchés s'impose partout, et particulièrement au Portugal, en Espagne et en Grèce, trois pays qui étaient encore des dictatures au début des années 1970 (...)"
A un peu plus d'un an et demi de l'élection présidentielle, ce manifeste pourrait s'imposer comme un texte de référence dans le débat économique français. Il démonte dans le détail dix "fausses évidences" qui continuent d'inspirer les pouvoirs publics en Europe - l'idée, par exemple, que l'envolée de la dette des Etats résulte d'un excès de dépenses, ou encore cette autre idée selon laquelle la crise grecque a permis d'avancer vers un gouvernement économique européen.
Dans le même temps, le texte décline une vingtaine de contre-propositions (qui ne font pas toute l'unanimité parmi les signataires), soumises au débat. Exemples parmi beaucoup d'autres: accroître fortement l'imposition des très hauts revenus "pour décourager la course aux rendements insoutenables", réduire la dépendance des entreprises vis-à-vis des marchés financiers en développant une politique publique du crédit, ou encore contraindre les agences de notation à rendre publics leurs calculs économiques, lorsqu'elles décident de dégrader la note d'un Etat.
La prochaine étape aura lieu à Paris, samedi 9 octobre: un colloque ouvert au public sera organisé à Paris. Trois tables rondes sont prévues, sur la régulation financière, les politiques d'austérité, et la redéfinition d'un modèle économique européen (lieu, programme et intervenants de la journée sous l'onglet Prolonger de l'article). De quoi prendre le pouls d'une dynamique qu'il va falloir suivre de très près.
Manifeste des économistes attérés

Gérard nous invite également à lire les écrits de Jacques Généreux, théoricien du Front de gauche
|Le blog de Jacques Généraux

Autres formes connues d'organisation économique

QUELS SONT LES AUTRES FORMES CONNUES D'ORGANISATION DE LA PRODUCTION DE BIENS ET SERVICES
Il faut distinguer celles qui concernent l'essentiel de l'économie de celles qui occupent une place marginale, en soulignant qu'aucun système social n'est jamais pur :
LES FORMES DOMINANTES.
Important : Les références géographiques et historiques données sont très partielles et à titre d'exemple. La situation est variable suivant les territoires et les périodes historiques.
La production tribale
Dans des sociétés de cueillette ou de petite agriculture, le groupe de petite dimension organise selon des schémas stricts le travail et la redistribution des biens. Les échanges extérieur sont très limités et en général perturbants.
Ex : les sociétés de la préhistoire, les tribus d'indiens d'Amérique du Nord et d'Amazonie, les tribus d'africaines d'avant la colonisation (en dehors des empires), etc.
Les sociétés esclavagistes
La classe dirigeante fait travailler des esclaves dont elle augmente le nombre par une démographie naturelle ou par le rapt. Les esclaves sont privés de liberté et de toute partie de la production.
Ex ; Grèce antique, Rome antique, Amérique (Nord, Caraïbes, Sud), Afrique  arabo-musulmane à des degrés divers.
L'organisation de type féodale
Le chef sous toutes ses formes est propriétaire de la terre et des autres moyens de production (homme et matériel). Les travailleurs sont serfs et attachés à la terre. Il accorde protection, assure les services " publics " minimalistes et redistribue les richesses. Les échanges sont limités, l'accumulation somptuaire et l'innovation proscrite.
Cela concerne les sociétés du Moyen Age occidentale, les empires d'Amérique latine les monarchies absolues, les dictatures, les pétromonarchies (Golf arabique, Brunei) et les pétro démocraties (Venezuela, Algérie, Brunei, etc.) d'aujourd'hui, les économies mafieuses
L'économie étatique
Dans les économies dite socialistes, les moyens de production et d'échange appartiennent à l'Etat (sensé représenté le peuple) et l'économie est gérée de façon centralisée et autoritaire. Le pouvoir et la plus value sont accaparés par une bureaucratie organisée autour du parti dictatorial.
Son inefficacité, faute de liberté, de responsabilité et donc de concurrence, est de notoriété mondiale. Ses résultats repose sur des statistiques, purs outils de propagande et donc sans aucune fiabilité.
Ex : URSS et ses satellites ; aujourd'hui Cuba, Corée du Nord.
LES FORMES ACCESSOIRES
L'économie sociale
  •                 L'autoconsommation familiale
  •                 Les coopératives et les mutuelles.
  •                 Les formes associatives
L'économie sociale est une économie d'où serait absent l'intérêt individuel et l'appropriation du profit. En fait l'intérêt n'est pas toujours financier et les enjeux de pouvoir dominent dans les associations ; il y a par ailleurs de multiple moyens pour s'approprier le profit avant qu'il n'existe en tant que tel : salaires indus, avantage en nature, baisse des prix, etc. Elle est aussi une forme de redistribution (mutualisation) entre des personnes et non de création de richesses. Quant à l'économie de type familiale (autoconsommation ou échange entre particulier) elle existe en marge de la société.
Mais la faiblesse de toutes ces formes est de ne pas permettre l'accumulation du capital, c'est-à-dire du profit réinvesti dans surtout en dehors de l'entreprise. Les " dérives " des banques et assurances mutualistes montrent bien le limites de la formule.
L'économie mixte
Les entreprises publiques ou mixtes ont toujours cohabités avec les entreprises capitalistes soit pour assurer des fonction d'intérêt général non assumées (transport, énergie, réseaux, santé, etc.) temporairement ou durablement ou pour assurer le sauvetage public d'entreprises privées utiles à la collectivité.
L'autogestion
Elle est d'abord un mode de management, très rarement mis réellement en œuvre (se souvenir du mythe yougoslave), car les salariés ont rarement envie d'assurer les contraintes de l'entreprise : partager les profits oui, partager les pertes non ! De plus la complexité croissante des entreprises nécessite une unité de commandement, par ailleurs très comptable avec une délégation forte des responsabilités à l'intérieur de l'entreprise
CONCLUSION
Ces différentes formes n'ont jamais étaient capables d'assurer la croissance économique durable faute de permettre l'accumulation du capital ou à cause d'une centralisation -bureaucratisation du pouvoir politico-économique empêchant les initiatives multiformes et permanentes que réclame le développement.
A suivre, à critiquer et à enrichir…
Philippe Fleury

Texte introductif de ou d'après Jacques Julliard proposé par Eric Degonse

Texte pour servir au débat du 27/10/2011 ; les réactions sont d'ores et déjà bien venues.

Un clivage né en 1789

Aux origines de la gauche
Le parti de l'efficacité et celui de la justice continuent de s'affronter…

Il faudra près d'un siècle pour que les termes de " gauche " et de " droite " deviennent d'usage courant. Jusqu'à la III ème République, on parle plus volontiers de " conservateurs " pour désigner les hommes de droite, et de " libéraux " pour ceux de gauche.

  Qu'est ce que la gauche ? C'est le parti de la Révolution française. Aujourd'hui où le débat autour des acquis de cette dernière a pratiquement cessé et où presque tout le monde, à droite comme à gauche, se réclame de ses valeurs, cette évidence a cessé de s'imposer. Mais pendant près de deux siècles, jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, le clivage entre partisans et adversaires de la Révolution s'identifiait entre la droite et la gauche. Ainsi, le parti radical, que ses positions en matière économique et sociale plaçait plutôt au centre droit n'en  appartenait pas moins, de l'aveu général, à la gauche parce ce qu'il se réclamait de la laïcité et de la Grande Révolution. C'est à ce titre qu'il fit, en 1936, partie intégrante du Front populaire.

  Or depuis les débuts de la III ème, à partir de 1871, la République n'a cessé d'affirmer sa filiation directe avec la Révolution :                aube des temps modernes, et même aube tout court, après la longue nuit de l'Ancien Régime ; nos pères ont tous retenu cela de l'école primaire. D'où, pour la gauche, une légitimité essentielle concernant les principes, qui contraste avec les origines obscures et ambigües de la droite. Celle-ci fut, dès la fin de l'épisode révolutionnaire, définie par son refus de l'héritage : patrimoine purement négatif, encombrant, dont elle a mis deux siècles à se défaire. La gauche bénéficie donc dans l'inconscient national d'une rente de situation idéologique tout à fait exceptionnelle. D'où son plaisir, parfois complaisant, à décliner inlassablement son identité, tandis que la droite à multiplier ses efforts pour dissimuler la sienne. Il est vrai que cet avantage idéologique de la gauche ne fait que compenser son handicap social : dans ce domaine, c'est la droite qui a toujours revendiqué sa légitimité et son droit moral à diriger la Nation, analogue à celui du châtelain sur ses paysans…
  Au fait, la Révolution française ne s'est pas contentée de donner à la gauche, et par conséquent à la droite aussi, une identité. Elle leur a conféré jusqu'à l'existence. C'est le 8 mai 1789, sur la question de la réunion des ordres en une assemblée unique, que les membres du Tiers état sont invités à se répartir à gauche ou à droite pour trancher entre deux propositions contradictoires. Et c'est un plus tard, fin août, à propos du débat sur le veto royal, que l'habitude se prend de siéger à gauche ou à droite selon ses convictions. Ainsi s'instaure l'idée d'un classement des opinions selon une localisation topographique, alors que d'autres critères sont possibles et ont effectivement été utilisés jusqu'à nos jours : la couleur (rouge et blanc), les tempéraments (conservateurs et libéraux).

  Et pourtant suivant le mot de Marcel Gauchet, il ne s'agit là que d'un " faux départ ". Il faudra  en effet encore près d'un siècle pour que les termes de gauche et de droite supplantent leurs concurrents et deviennent d'usage courant. Jusqu'à la IIIè République, on parle plus volontiers de " conservateurs " pour désigner les hommes de droite et de " libéraux " pour ceux de gauche. Ainsi, dans " le Cabinet des Antiques " (1838), Balzac met les deux termes en concurrence : " Cette bonne royaliste (Madame du Croisier) avait entendu le hurlement du libéralisme qui, dans l'opinion de son directeur, souhaitait la ruine du catholicisme. Pour elle, le coté gauche c'était 1793 avec l'émeute et l'échafaud. " C est seulement avec la IIIè  République, c'est-à-dire le suffrage universel définitif, que gauche et droite sont employées dans le sens qu'on leur connaît aujourd'hui.

  La Révolution ne s'est pas contentée de baptiser le phénomène. A l'affrontement gauche-droite, antérieur aux mots que le désignent, elle a donné  aussi son ordre du jour pour deux siècles. Avec trois points essentiels : la question politique portant sur la nature du régime, monarchie ou république, ouverte par l'exécution de Louis XVI (1793) ; la question religieuse, ouverte par la constitution civile du clergé (1790) ; la question sociale, avec la mise en mouvement des masses populaires comme acteur politique majeur tout au long de la Révolution. C'est sur ce triple champ de bataille que l'affrontement gauche-droite va désormais se dérouler jusqu'au dernier tiers du XXe siècle.

1.                Certes à partir de 1875, la question du régime paraît définitivement réglée, et pourtant jusqu'en 1962, date de l'instauration de l'élection du président de la République au suffrage universel, les Français continueront à se chamailler sur la constitution. Ceux qui critiquent  celle de la Ve République, telle que nous la connaissons aujourd'hui, ne devraient jamais oublier qu'elle a, de façon apparemment définitive, mis fin à un grand conflit bi séculaire. Et cela grâce à l'intuition géniale du général De Gaulle qui a su combiner dans l'institution actuelle de la présidence un élément de légitimité issu de l'ancien régime avec le sacre du suffrage universel issu de la Révolution.
2.                Parallèlement, le conflit ouvert  par la constitution civile du clergé, et plus encore par l'obligation faite aux religieux de prêter serment aux institutions de la République, a déclenché une lutte, qui n'était pas inévitable, entre l'Eglise catholique et la gauche. Une grande partie de l'histoire de la IIIe  République est sous-tendue par cet affrontement. Il va pourtant s'essouffler au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, et se réduire à une confrontation entre l'enseignement public et l'enseignement privé. La question religieuse n'est plus qu'une question scolaire, et là encore, c'est la Ve République qui va y mettre fin grâce à la loi Debré (1960) qui permet à la fois l'interpénétration et la coexistence des deux systèmes d'enseignement. Dans ce domaine aussi, malgré quelques soubresauts ultérieurs, c'est le gaullisme, philosophie pragmatique et intégrative, qui a liquidé un conflit absurde. De Gaulle est l'homme qui a mis fin aux guerres intestines déclenchées par la Révolution française.
3.                Quant à la question sociale, nul ne saurait prétendre qu'elle est désormais dépassée. Au contraire : elle reste au cœur du débat entre la droite et la gauche : le parti de l'efficacité et celui de la justice continuent de s'affronter. Mais au lieu d'un affrontement à mort qui aurait dû se solder, selon les prévisions de Marx, par la disparition d'un des deux protagonistes, c'est à un débat beaucoup plus modéré que nous avons affaire. Le socialisme ne se fixe plus pour but, dans les pays industriels, l'abolition de l'économie de marché au profit de la socialisation intégrale des moyens de production, comme on remplace un moteur par un autre. Il ne vise plus à être lui-même producteur mais à réguler la production en fonction de l'intérêt général. Ici l'agent pacificateur n'aura pas été le gaullisme mais, presque à la même époque, l'effondrement du communisme en tant que solution alternative à la société  capitaliste. Désormais l'économie de marché n'a plus de contestataire puisque ce sont les pays anciennement communistes, comme la Chine, qui en sont les partisans les plus intransigeants. La gauche a perdu son statut de parti du peuple ; mais elle conserve ce qui fait sa raison d'être depuis le milieu du XIXe siècle : la priorité donnée à la justice.

  En ce sens, comme l'avait bien vu François Furet, la Révolution française  est bel et bien terminée. Son échec politique - elle n'est jamais parvenue à offrir une solution de rechange à l'ordre ancien qu'elle a aboli - se double d'une véritable consécration idéologique : la défense et l'illustration des droits de l'homme est devenue la religion civile de nos sociétés ; et pour des raisons exposées plus haut, la gauche demeure l'exploitante légitime de cet inépuisable fond de commerce.

  Reste que l'épuisement de l'agenda révolutionnaire explique un certain désenchantement et l'aspiration à un renouveau. Toutes les lignes ont été déplacées, et pourtant la ligne de front demeure : dans le débat gauche-droite, ce ne sont pas les problèmes qui suscitent l'antagonisme, mais l'antagonisme qui suscite de nouveaux problèmes. Au triptyque révolu - révolution politique, question religieuse, question sociale - se substitue un nouveau triptyque - libéralisme moral, écologie, droits de l'homme - qui sert d'aliment nouveau à l'éternel affrontement. Plus que sa rivale de droite qui se complait dans l'expédition des affaires courantes, la gauche a besoin de se projeter tout entière dans des aspirations qui la définissent et qui la dépassent. Si la droite est bien, selon la profonde définition de Ramuz, ce parti qui " craint pour ce qui existe ", la gauche, elle, est ce parti qui continue d'espérer pour ce qui pourrait advenir.
L'avenir du capitalisme E Degonse 1007.doc

L'avis de W Hutton tête pensante des travaillistes britanniques.

" Ils (les socialistes) ne sont pas capables de se poser la bonne question. A savoir : comment construire un bon capitalisme, qui satisfasse les Français."

Réponse de Philippe aux économistes attérés postés par Gérard

J'ai attentivement les 13 pages de ce manifeste et j'ai retrouvé le style des textes sérieux du PC des années 70-80 : une apparence d'analyse scientifique, mais sans aucun système d'analyse autre qu'un anathème infatigable contre le (néo)libéralisme.
Derrière les formules, on trouve le recours à la planche à billet, la fuite en avant par une demande artificielle, l'inépuisable " faisons payer les riches " et un carcan réglementaire allant jusqu'à la destruction du système financier et du marché européen.
Je note l'absence assourdissante, des mots comme Chine, Indes, Sud Est asiatique, etc.…, inflation, entreprise, sous-développement, corruption, pétrole, etc. et corrélativement la vision de la France comme un monde clos fermé sur lui-même.
L'Etat (et ses fonctionnaires hauts et modestes) sont parés pour l'avenir de toutes les vertus et d'une rationalité quasi absolue (sans doute grâce à l'onction du Saint Esprit Populaire), alors qu'il est complètement impliqué dans le fonctionnement du système et les problèmes d'aujourd'hui.
Mais le plus grave dans ce texte est l'absence d'alternative structurée (même pas de planification à la française… ou d'économie mixte ou d'autogestion ou..ou etc.) au service d'un nouveau paradigme.
Rappelons-nous que les économistes n'ont rien vu venir ; on peut alors craindre le pire s'il sont devenus atterrés.


Site web créé avec Lauyan TOWebDernière mise à jour : lundi 30 janvier 2012